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15 minutes en équipe pour faire vivre les bonnes pratiques en EHPAD

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Séance 12 — Vivre ensemble sans s'effacer

Source : Anesm (devenue HAS), RBPP « Concilier vie en collectivité et personnalisation de l'accueil et de l'accompagnement », 2009.

L'audio de la séance (4 min 25)
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La question de la séance :
Citez une règle de la maison : à qui sert-elle vraiment ?

Les 10 minutes, à l'essentiel

Partez d'un résident que toute l'équipe connaît. Posez la question de la séance. Laissez parler — l'animateur écoute, note, relance. Trois repères seulement :

La trace : deux lignes dans le cahier de l'unité — date, thème, ce qu'on retient, qui transmet.  ·  Besoin d'un cadre plus détaillé ? Aide méthodologique

Lire le texte de l'audio

Bonjour à toutes et à tous. Quinze minutes ensemble. Aujourd'hui, on met des mots sur une tension que vous vivez tous les jours sans forcément la nommer : comment vivre ensemble sans s'effacer ? Il existe une recommandation de bonnes pratiques consacrée exactement à cette question : concilier la vie en collectivité et la personnalisation de l'accompagnement. Voici ce qu'elle dit d'essentiel pour nous.

Première idée. Cette tension n'est pas un problème à régler une fois pour toutes : c'est le cœur même de nos métiers. Un établissement, c'est un lieu collectif. Des horaires, des locaux partagés, une organisation, des contraintes. Et en même temps, chaque résident y vit sa vie personnelle, la seule qu'il a. La recommandation le dit clairement : la collectivité ne doit pas absorber l'individu. Une personne qui entre chez nous ne devient pas un numéro de chambre. Elle reste madame Martin, avec ses habitudes, ses goûts, son caractère. Tout notre travail consiste à tenir les deux bouts : faire tourner la maison, et faire de la place à chacun.

Deuxième idée : interroger les règles de la maison. Toute collectivité a ses règles, c'est normal. Mais la recommandation nous invite à poser une question toute simple devant chaque règle : à qui sert-elle ? Certaines règles protègent vraiment les résidents : la sécurité, l'hygiène, le respect mutuel. D'autres, si on est honnête, servent d'abord l'organisation : les douches à telle heure parce que c'est le planning, le coucher avant telle heure parce que l'équipe de nuit est réduite, les portes du jardin fermées parce que c'est plus simple. Et puis il y a les règles héritées, celles dont personne ne sait plus d'où elles viennent. On a toujours fait comme ça, ce n'est pas une raison. Une règle qui ne protège personne et qui pèse sur la vie des résidents mérite d'être rediscutée. Un exemple classique : l'heure du lever. Si tout l'étage est debout avant huit heures, demandons-nous si c'est le souhait des résidents, ou la commodité du service. Pour certains, c'est le rythme de toute une vie de travail. Pour d'autres, c'est la routine de la maison qui a décidé à leur place.

Troisième idée : le droit de ne pas participer. L'animation, les activités, le loto, la chorale : ce sont des propositions, pas des obligations. La recommandation est claire là-dessus : la personne a le droit de refuser, le droit de préférer sa chambre, son fauteuil, sa tranquillité. Monsieur qui ne descend jamais aux activités n'est pas un problème à résoudre. Peut-être qu'il a passé sa vie seul et qu'il s'y trouve bien. Notre rôle, c'est de continuer à proposer, de varier, de tendre des perches, mais jamais de forcer ni de culpabiliser. Et attention au regard qu'on porte : dire devant lui, encore en train de rien faire, c'est déjà une petite violence. Choisir le calme, c'est aussi un choix de vie.

Quatrième idée : les frictions entre résidents. Quand des dizaines de personnes vivent sous le même toit sans s'être choisies, il y a des conflits. C'est la vie de tout voisinage. La télévision trop forte au salon. La place que madame considère comme la sienne depuis dix ans. Le monsieur qui parle fort et qui agace sa voisine de table. Les affinités, et les inimitiés. Notre rôle n'est ni de prendre parti, ni d'étouffer le conflit en faisant comme si de rien n'était. C'est d'écouter chacun, de chercher un arrangement, de protéger le plus fragile sans humilier l'autre. Un conflit bien géré, c'est de la vie sociale. Un conflit étouffé, c'est de la rancune qui couve.

Cinquième idée : l'équilibre n'est jamais acquis. La liberté de l'un s'arrête où commence la tranquillité de l'autre, et cette frontière bouge tous les jours. Le résident qui aime marcher dans le couloir la nuit, et celui que ça réveille. Celle qui veut sa fenêtre ouverte au salon, et celui qui a froid. Il n'existe pas de règlement qui réponde à tout. Ce qui existe, c'est une équipe qui observe, qui en parle, qui ajuste. Et là, vous êtes en première ligne : aides-soignantes, agents de service, aides médico-psychologiques, c'est vous qui voyez où ça frotte, bien avant que ça remonte en réunion. Votre parole sur ces petits frottements du quotidien, c'est la matière première de l'équilibre de la maison. Une dispute de salle à manger réglée avec tact un mardi évite des semaines de tension.

Alors voilà la question pour nos dix minutes. Citez une règle de la maison, une vraie, de chez nous. Et posez-lui la question de la recommandation : à qui sert-elle vraiment ? Aux résidents, à l'organisation, ou à personne ? Et si elle ne sert plus les résidents, qu'est-ce qu'on en fait ?

C'est à vous.