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15 minutes en équipe pour faire vivre les bonnes pratiques en EHPAD

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Séance 23 — Vieillir avec un handicap : une victoire qui se prépare

Source : Anesm (devenue HAS), RBPP « L'adaptation de l'intervention auprès des personnes handicapées vieillissantes », 2015.

L'audio de la séance (4 min 33)
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La question de la séance :
Chez quel résident avons-nous noté un changement lié à l'âge ? Et qu'avons-nous adapté — ou pas encore ?

Les 10 minutes, à l'essentiel

Partez d'un résident que toute l'équipe connaît. Posez la question de la séance. Laissez parler — l'animateur écoute, note, relance. Trois repères seulement :

La trace : deux lignes dans le cahier de l'unité — date, thème, ce qu'on retient, qui transmet.  ·  Besoin d'un cadre plus détaillé ? Aide méthodologique

Lire le texte de l'audio

Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, quinze minutes pour parler d'une réalité qu'on voit grandir dans nos établissements : des personnes handicapées qui vieillissent. Une recommandation de bonnes pratiques y est entièrement consacrée. Et elle commence par quelque chose qu'on oublie souvent de dire : une bonne nouvelle. Une bonne nouvelle qui demande qu'on s'y prépare.

Première idée : c'est une victoire. Que des personnes handicapées vieillissent, c'est une victoire récente de l'accompagnement et de la médecine. Pendant longtemps, beaucoup de ces personnes n'atteignaient pas un âge avancé. Aujourd'hui, grâce aux progrès des soins et à la qualité de l'accompagnement, le vôtre compris, elles vieillissent. C'est une réussite collective. Mais cette victoire crée des situations nouvelles, pour lesquelles nos organisations n'étaient pas prévues : des EHPAD qui accueillent des personnes dont le handicap est là depuis toujours, souvent plus jeunes que les autres résidents, avec des habitudes et des besoins différents. Personne n'a la recette toute faite. Elle s'invente, en partie, chez nous.

Deuxième idée : un vieillissement parfois précoce et atypique. Selon les situations de handicap, le vieillissement peut commencer plus tôt que pour la population générale, parfois dès la cinquantaine. Une fatigue qui vient plus vite. Un ralentissement du geste et de la pensée. Des pertes sensorielles : la vue qui baisse, l'audition qui faiblit. Et il peut être atypique : pas le même calendrier, pas les mêmes signes que le vieillissement habituel. Concrètement, ça ressemble à quoi ? Au résident qui suivait l'activité du matin sans difficulté et qui maintenant s'endort à table. À celui qui mettait dix minutes à s'habiller et qui en met trente. À celle qui ne veut plus descendre au repas du soir. Ce n'est pas de la mauvaise volonté. C'est peut-être l'âge qui arrive, en avance. Et ce vieillissement-là ne ressemble pas forcément à celui des autres résidents du même âge : chaque personne vieillit avec son histoire et avec son handicap.

Troisième idée : le piège du regard. Quand on connaît quelqu'un depuis des années avec son handicap, on risque de tout mettre sur ce compte-là. Il ne veut plus venir aux activités ? C'est son handicap. Elle mange moins ? C'est son handicap. Ce réflexe est compréhensible, mais il peut faire rater un vrai changement lié à l'âge : une douleur qui s'installe, une dépression, une maladie qui avance en silence. Une personne qui ne peut pas dire « j'ai mal » dépend entièrement de notre regard. Alors devant un changement, posons-nous toujours la question : et si ce n'était pas le handicap ? Et si c'était autre chose, quelque chose qu'on peut soulager ou soigner ? Le changement observé et transmis, c'est souvent vous qui le portez : vous voyez la personne tous les jours, vous êtes les premiers à remarquer que quelque chose a bougé. Cette vigilance du quotidien, personne d'autre que vous ne peut l'avoir. Et elle peut tout changer.

Quatrième idée : adapter sans rupture. Quand le vieillissement s'installe, il faut adapter. Ralentir le rythme des journées. Alléger les activités, accepter qu'une sieste remplace un atelier. Repenser le projet personnalisé : pour ceux qui travaillaient en établissement spécialisé, préparer la retraite, qui est un vrai passage de vie, comme pour tout le monde. Mais adapter sans couper. Le danger, c'est la rupture brutale : changer la personne d'unité ou d'établissement du jour au lendemain, et lui faire perdre d'un coup ses repères, ses habitudes, ses amitiés, les professionnels qu'elle connaît. Pour une personne handicapée vieillissante, ces repères sont souvent toute sa sécurité. Alors, autant que possible, on adapte autour d'elle, plutôt que de la déplacer, elle. Et quand un changement de lieu devient vraiment nécessaire, il se prépare : des visites, des rencontres, des transmissions soignées entre les équipes, des objets familiers qui suivent. Une transition accompagnée, ce n'est pas une rupture.

Cinquième idée : les familles vieillissent aussi. Derrière beaucoup de ces résidents, il y a des parents très âgés, qui ont porté leur enfant toute leur vie, et qui s'inquiètent d'une seule chose : l'après. Que deviendra-t-il quand nous ne serons plus là ? Cette angoisse est immense, et souvent silencieuse, parce que ces parents n'osent pas toujours la dire, de peur de déranger. Les écouter, leur montrer que leur enfant, devenu un adulte vieillissant, est connu, respecté, bien accompagné : ça fait pleinement partie de notre travail. Une maman de quatre-vingt-dix ans qui repart d'une visite apaisée, c'est aussi une réussite professionnelle.

Alors voilà la question pour nos dix minutes. Chez quel résident avons-nous noté un changement lié à l'âge ? La fatigue, le rythme, l'appétit, l'envie. Et qu'avons-nous adapté pour lui ? Ou pas encore ?

C'est à vous.