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15 minutes en équipe pour faire vivre les bonnes pratiques en EHPAD

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Séance 02 — Accompagner la fin de vie : jusqu'au bout, c'est notre métier

Source : Anesm (devenue HAS), RBPP « Accompagner la fin de vie des personnes âgées en Ehpad », 2017.

L'audio de la séance (3 min 51)
Télécharger le MP3 — utile si le réseau est faible dans l'unité.
La question de la séance :
Pensez à un accompagnement de fin de vie qui s'est bien passé : qu'est-ce qui a fait la différence ?

Les 10 minutes, à l'essentiel

Partez d'un résident que toute l'équipe connaît. Posez la question de la séance. Laissez parler — l'animateur écoute, note, relance. Trois repères seulement :

La trace : deux lignes dans le cahier de l'unité — date, thème, ce qu'on retient, qui transmet.  ·  Besoin d'un cadre plus détaillé ? Aide méthodologique

Lire le texte de l'audio

Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, on prend quinze minutes pour parler d'un sujet qu'on évite souvent : la fin de vie. Pas pour parler de la mort en général. Pour parler de notre façon d'accompagner, jusqu'au bout. Il existe une recommandation de bonnes pratiques entièrement consacrée à ce sujet, écrite pour les EHPAD. Voici ce qu'elle dit d'essentiel pour nous.

Première idée. L'EHPAD est un lieu de vie. Mais pour la plupart de nos résidents, c'est aussi le dernier lieu de vie. En France, quand un résident décède, trois fois sur quatre, c'est dans l'établissement, pas à l'hôpital. En moyenne, un EHPAD connaît plus d'un décès par mois. Ce n'est pas un échec du soin. C'est le cœur de notre mission. La recommandation le dit : un établissement qui sait penser la mort, qui lui fait une place, accompagne mieux la vie. En parler en équipe, ce n'est pas morbide. C'est professionnel.

Deuxième idée : connaître les souhaits avant l'urgence. Les souhaits d'un résident pour sa fin de vie, ce ne sont pas seulement les questions médicales. C'est aussi : qui il veut auprès de lui. S'il a une pratique religieuse qui compte. Où il préférerait finir sa vie. Ce qu'il souhaite pour ses obsèques. Ces choses-là se recueillent tranquillement, dans la relation de confiance, bien avant les derniers jours. Et quand le résident ne peut plus s'exprimer, la recommandation dit noir sur blanc qu'il faut demander l'avis des professionnels les plus présents au quotidien : les aides-soignantes, les aides médico-psychologiques, les agents de service. Votre connaissance du résident a une valeur officielle. Elle est écrite dans le texte.

Troisième idée : repérer et transmettre. La douleur est le symptôme le plus fréquent en fin de vie, et le plus mal repéré, surtout chez les personnes qui ont des troubles de la mémoire et ne peuvent plus dire « j'ai mal ». Qui voit les premiers signes ? Vous. L'assiette qu'on ne finit plus. La grimace au moment du change. Le monsieur qui ne râle plus, alors qu'il râlait tous les matins. La recommandation demande que la parole du personnel non soignant soit reconnue et prise en compte dès qu'un signe d'aggravation est repéré. Une observation transmise à temps peut changer les dernières semaines de quelqu'un.

Quatrième idée : le confort, ce sont des gestes simples. Retenez-en quelques-uns. Même somnolente, même inconsciente, la personne peut très bien entendre : alors on continue de lui parler, on lui annonce ce qu'on va faire, on la touche doucement. Quand elle ne boit presque plus, ce sont les soins de bouche fréquents qui soulagent la sensation de soif, mieux qu'une perfusion. On lui laisse toujours les mains libres, jamais retenues, jamais attachées. On respecte son rythme à elle : ses moments de sommeil, et pas les horaires du service. On regroupe les soins et on attend que le traitement contre la douleur agisse avant de mobiliser. Et on rassure les familles : en toute fin de vie, ne plus manger, ne plus boire, ça fait partie du chemin normal du corps, et ça ne fait pas souffrir. Arrêter l'alimentation, ce n'est jamais arrêter les soins. On continue à soigner, autrement.

Cinquième idée : après le décès. La toilette du défunt, c'est le dernier soin. Beaucoup de soignants disent que c'est leur façon de dire au revoir. Pensez aussi aux autres résidents : le compagnon de table, la voisine de chambre. Ils voient la chambre vide, le couvert enlevé. La recommandation demande qu'on les informe, individuellement pour les plus proches, qu'on réponde à leurs questions, qu'on ne fasse pas disparaître les morts en silence. Et enfin, pensez à vous. Perdre un résident qu'on a accompagné pendant des années, ça fait quelque chose. Le deuil des professionnels existe. En parler en équipe, ce n'est pas une faiblesse : c'est ce qui permet de durer dans ce métier sans s'user.

Alors voilà la question pour nos dix minutes. Pensez à un accompagnement de fin de vie qui, chez nous, s'est bien passé. Qu'est-ce qui a fait la différence ? Et qu'est-ce que ça nous apprend pour les résidents les plus fragiles d'aujourd'hui ?

C'est à vous.