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15 minutes en équipe pour faire vivre les bonnes pratiques en EHPAD

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Séance 04 — La bientraitance : une culture, pas une checklist

Source : Anesm (devenue HAS), RBPP « La bientraitance : définition et repères pour la mise en œuvre », 2008.

L'audio de la séance (4 min 38)
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La question de la séance :
Racontez un geste de bientraitance vu chez un collègue cette semaine.

Les 10 minutes, à l'essentiel

Partez d'un résident que toute l'équipe connaît. Posez la question de la séance. Laissez parler — l'animateur écoute, note, relance. Trois repères seulement :

La trace : deux lignes dans le cahier de l'unité — date, thème, ce qu'on retient, qui transmet.  ·  Besoin d'un cadre plus détaillé ? Aide méthodologique

Lire le texte de l'audio

Bonjour à toutes et à tous. Quinze minutes ensemble. Aujourd'hui, on parle d'un mot que vous entendez partout : la bientraitance. Tellement partout qu'on finit par ne plus l'entendre. Il existe une recommandation de bonnes pratiques qui définit ce mot et donne des repères pour le faire vivre. Voici ce qu'elle dit d'essentiel pour nous.

Première idée. La bientraitance, ce n'est pas le simple contraire de la maltraitance. Ne pas maltraiter, c'est le minimum, ce n'est pas un projet. La recommandation va plus loin : la bientraitance est une culture. Une manière d'être et d'agir, un souci de l'autre, en permanence. C'est chercher la réponse la plus ajustée possible aux besoins et aux attentes de cette personne-là, à ce moment-là. Ce n'est pas une liste de cases à cocher qu'on remplirait une fois pour toutes. C'est une attention qui se renouvelle chaque jour, avec chaque résident. Et qui n'est jamais acquise.

Deuxième idée. Cette culture se joue dans les détails du quotidien. Pas dans les grandes déclarations. Frapper à la porte, et attendre vraiment la réponse, avant d'entrer dans la chambre. Dire à madame ce qu'on va faire avant de la toucher pendant la toilette : je vais vous passer le gant sur le bras, ça va ? Laisser au monsieur le temps de finir son assiette, même quand le chariot attend. Se mettre à la hauteur du fauteuil pour parler, au lieu de parler debout, de haut. Pensez aussi au réveil : être tiré du sommeil par une lumière allumée d'un coup et un chariot qui cogne, ou par une voix qui dit doucement bonjour. Même soin, même horaire, et pourtant deux journées qui ne commencent pas du tout pareil. Aucun de ces gestes ne prend du temps en plus. Ils changent la couleur de tout le reste. La bientraitance, vue du résident, c'est exactement ça : la somme de ces petits gestes, des centaines de fois par jour. Et ces gestes, c'est vous qui les faites. Aides-soignantes, agents de service, aides médico-psychologiques : la bientraitance de l'établissement passe d'abord par vos mains.

Troisième idée. La personne accompagnée est co-auteure de son parcours. Co-auteure : elle écrit avec nous, pas sous notre dictée. Sa parole vient d'abord. Ses choix, ses goûts, ses refus aussi. Un exemple tout simple : le matin, on peut choisir les vêtements à la place de madame, parce que ça va plus vite. Ou on peut ouvrir l'armoire et demander : qu'est-ce qui vous ferait plaisir aujourd'hui ? Deux gestes presque identiques. Dans le premier, elle est habillée. Dans le second, elle s'habille. Toute la différence est là : être acteur de sa vie, ou spectateur.

Quatrième idée, et celle-ci vous concerne en tant qu'équipe. La recommandation est claire : la bientraitance ne repose pas sur des héros isolés. Elle exige des professionnels soutenus. Soutenus par leur équipe, par des temps d'échange, par la possibilité de parler des situations difficiles. Et soutenus dans leur droit de questionner les habitudes. Personne ne peut être ajusté, attentif, patient, tout seul, sous pression, sans jamais pouvoir souffler ni en parler. Une équipe qui se parle, qui s'entraide, qui ose se dire les choses simplement entre collègues, c'est une équipe qui protège ses résidents. Et qui se protège elle-même.

Cinquième idée. La vigilance est collective. Voilà une chose que la recommandation dit et qu'il faut entendre sans se sentir accusé : une habitude peut devenir une négligence sans que personne ne l'ait voulu. Ça commence par une bonne raison. On installe madame en premier au repas parce que c'est plus pratique pour le service. Six mois plus tard, elle attend trois quarts d'heure devant une assiette vide, tous les jours, et plus personne ne se pose la question. Personne n'a mal agi. Mais la routine s'est installée à la place de la personne. C'est pour ça qu'il faut interroger régulièrement nos façons de faire. Se demander, de temps en temps : cette habitude, elle sert qui ? Le résident, ou l'organisation ? Poser cette question, ce n'est pas critiquer les collègues. C'est faire vivre la culture dont on parle depuis le début. Et ça peut se dire simplement, entre professionnels : tu as remarqué, madame attend longtemps le midi, on pourrait changer l'ordre ? Sans drame, sans reproche.

Au fond, la bientraitance, ce n'est pas un dossier de plus ni une affiche dans le hall. C'est une question qu'on se pose ensemble, sans cesse : est-ce que ce que je fais là, maintenant, est ajusté à cette personne ? Et cette question, les mieux placés pour y répondre, ce sont ceux qui sont auprès des résidents du matin au soir. Vous.

Alors voilà la question pour nos dix minutes. On va prendre le mot dans le bon sens, le sens positif. Racontez un geste de bientraitance que vous avez vu chez un collègue cette semaine. Un vrai geste, même tout petit. Et regardons ensemble ce qu'il nous apprend.

C'est à vous.